La Vela
À la carte sous le nom de “Tartar di manzo”
Maison de poisson, en congé
Dix-huit euros pour du bœuf froid et des excuses. Les quatre mots de la carte étaient ce qu'il y avait de plus généreux.
La critique
Tout ce que La Vela réussit, elle le réussit avec le poisson. La cuisine sicilienne, la lumière de la marina, la patronne qui fait elle-même la salle — tout est charmant, et rien de tout cela n'atteint le tartare de bœuf. La description tient en quatre mots, « fillet beef tartar », et l'assiette honore cette indifférence à la lettre. Ce qui arrive, c'est un monticule de filet haché et à peu près rien d'autre : pas d'acidité, pas de morsure d'oignon, pas de pickles, pas de croquant, un assaisonnement si timide qu'on finit par chercher le sel soi-même. Pire : il est arrivé à peine frais, et un bœuf cru qui n'est pas vraiment froid devient mou et terne en bouche presque aussitôt. Le tartare est un plat de contrastes ; celui-ci n'avait qu'une note et ignorait qu'il en manquait quatorze. Dix-huit euros achètent ici beaucoup de très bon crudo di pesce — c'est ce que j'aurais dû commander et ce que vous devriez commander. Une cuisine aussi douée ne devrait pas vendre un plat qui, visiblement, ne l'intéresse pas.
Jugé sur cinq critères
- 01La Coupe
- 02L'Assaisonnement
- 03Le Jaune
- 04Les Accompagnements
- 05La Salle